Article écrit par Tom Mellier !
Les images de cet article sont extraite de la BD en ligne « l’envers du décor » Publiée en janvier 2025 et dessinée par Climclamcloum pour AXA Climate!
Dans la peau d’un chef de projets de communication par la BD
Etre sélectionné, ce n’est pas facile ! C’est une chance pour pouvoir faire une expérience!
Quand on cherche du travail, les offres s’enchainent et semblent toutes se ressembler. On pousse on profond soupir et on se demande « à quoi bon postuler pour ça ? ». Et puis, parfois, dans ce flot continue, apparaissent des offres qui sortent du lot : « Chef de projet dans une agence qui fait de la com’ par la BD, ça alors ! ». Quand j’ai vu cette offre, mon sang n’a fait qu’un tour. Ca c’est un poste pour lequel j’ai vraiment envie de postuler, je serais sincère de dire que je suis très motivé. D’autant plus que je suis un amateur de BD, j’ai grandis dans les BD, j’en ai fait. Je me souviens de m’être dit « Ils me prendront, ou à minima ils souhaiteront me rencontrer à un entretien. » Et j’ai été pris dans l’agence « une bulle en plus ».
Avant de commencer
Je n’ai pas commencé en douceur, disons que j’ai été parachuté sur les projets de ma prédécesseuse qui a quitté l’agence et qui a eu l’amabilité de faire une passation avec moi sur une semaine. Donc j’ai repris des dossiers en cours de route, et il m’a fallu du temps avant que de nouvelles choses ne tombent et que j’ai une pleine visibilité de comment se déroule un projet de A à Z.
Comment fonctionne le processus?
En amont, le directeur commercial fait des prospections commerciales pour trouver de nouveaux clients ou alors répond à des appels des offres. Lorsqu’on voit que ça mort, c’est le moment de faire ce qu’on appelle : une propale. Une proposition commerciale rappelant les besoins du client et évoquant précisément les suggestions de la boite pour y répondre.
Exemple d'un projet
Par exemple, votre entreprise de biscottes souhaite communiquer sur l’importance des biscottes pour le petit-dej ? Nous proposons un livret de 12 pages comportant une bédé de 6 pages, des éditos, un dessin inédit, une couverture. Ensuite la propale rappelle le process de notre boite, fait une proposition de devis, de retroplanning. Et enfin, elle propose des profils de dessinateurs(trices) pouvant répondre à leur besoin, chaque slide correspondant un dessinateur.
Souvent les dessinateurs proposés sont des prestataires ayant travaillé sur des projets analogues à celui que la propale essaie de remporter, et on en propose aussi certains dont on sait que le style va convenir au client car celui-ci se rapproche de leur DA. Très important, en définissant le devis, on doit le définir par rapport à un budget de notre côté en gardant en tête qu’on doit marger à 80%. Donc pour un devis de 10 000 euros envoyé au client, nos achats ne doivent pas dépasser 2000 euros.
En général dans l’agence, le chef de projet n’écrit pas la propale, il n’en a pas le temps, j’en ai faite qu’une seule sur toute une année. Idéalement, il le devrait car c’est mieux que celui qui est à l’initiative d’idées proposées dans la propale soit aussi celui qui les mette en pratique pour une bonne continuité du projet.
Choix du dessinateur
Ensuite, quand la propale est gagnée, a lieu un kick-off avec le client dans lequel on clarifie d’avantage le besoin et les spécificités du client, ses contraintes et ses impératifs. Il n’est pas rare que ça pêche un peu avec les styles graphiques proposées, les clients sont souvent indécis ou pas convaincus et en général on leur propose une shortlist avec une poignée de dessinateur (issue ou non de la propale). Là, il faut vérifier les disponibilités des gens proposés car en général, les clients sont contrariés quand ils choisissent avec aplomb un style qu’on leur a proposé et qu’on leur dit que finalement la personne n’est pas disponible, ce qu’on peut comprendre.
Le chef de projet n’attend pas que ces choses soient réglées, dès que le kick-off est lancé, il commence à rédiger le script sur la BD.
Très souvent, il s’agit d’un word dans lequel on met un tableau, chaque ligne correspondant à une case.
Il y a aussi deux colonnes, une qui correspond à ce qu’on voit à l’image et l’autre à ce qui est dit (les dialogues)
ex page 1
Le dessin
Le texte
case 1
Plan rapproché sur la famille prenant le petit déjeuner dans le jardin d’une belle maison dans une ambiance matinale optimale. La fille ainée, une adolescente se lève et fait tout valser sur la table. Toute la famille autour d’elle est surprise.
La fille ainée (bulle criée) : mais quand comprendrez-vous que les biscottes constituent un apport riche en glucides et en fibre essentiels pour commencer la journée ?! »
Ensuite, une fois ce script écrit, on l’envoie au client et il fait ses retours, puis une fois le script validé, on l’envoie au dessinateur pour qu’il commence à dessiner le crayonné.
Il faut bien veiller à ce qu’il n’y ait pas d’angles morts, que le client ait compris le script et que ce qui va être dessiné correspondra bien à ses attentes. Cela arrive toujours cela dit que le client dise par exemple, qu’il n’imaginait pas du tout cet élément comme ça en voyant le crayonné, c’est presque inévitable, mais l’idée est d’écrire un script le plus précis possible pour limiter au maximum les écarts par rapport aux attentes + fournir des photos aussi. Parce que l’enjeu est aussi que le dessinateur comprenne bien ce qu’il faut qu’il dessine.
Le chef de projet est un chef d'orchestre
Il donne rythme et cadence sans jouer lui-même
Ensuite, une fois ce script écrit, on l’envoie au client et il fait ses retours, puis une fois le script validé, on l’envoie au dessinateur pour qu’il commence à dessiner le crayonné.
Il faut bien veiller à ce qu’il n’y ait pas d’angles morts, que le client ait compris le script et que ce qui va être dessiné correspondra bien à ses attentes. Cela arrive toujours cela dit que le client dise par exemple, qu’il n’imaginait pas du tout cet élément comme ça en voyant le crayonné, c’est presque inévitable, mais l’idée est d’écrire un script le plus précis possible pour limiter au maximum les écarts par rapport aux attentes + fournir des photos aussi. Parce que l’enjeu est aussi que le dessinateur comprenne bien ce qu’il faut qu’il dessine.
Il est recommandé de prévoir des storyboard au trait léger pour permettre de valider les placements et représentations des éléments avant de passer à un crayonné plus détaillé. Cela permet au client de davantage se projeter sur la lecture. Car ce n’est pas la même chose de lire un script que lire un storyboard. Dans le premier cas, le client peut être amené à valider un peu précipitamment et à la fin se retrouver frustré. Personnellement, il m’arrivait de faire des croquis pour validation. je ne faisais pas systématiquement par manque de temps et puis parce que ce n’était pas vraiment à moi de faire ça. Mais je le faisais pour les petits projets (comme les affiches) ou alors pour les projets où le client était très pointilleux et pas forcément clair sur ce qu’il souhaitait, cela permettait de lui faire valider une intention avant de faire bosser le dessinateur.
Une fois le crayonné fait, il est transmis au client pour qu’il fasse des retours sur les détails comme les vêtements, les expressions des visages, les éléments de déco. Il n’est pas censé faire des retours trop structurants car l’ossature a été validée en amont dans le script, sinon il faut refacturer.
Une fois le crayonné validé, le dessinateur passe à la couleur. Et les retours sur la couleur sont censés être minimes, cela doit concerner la couleur justement ou des ombres mais certainement pas sur le dessin lui-même, car modifier le dessin à ce stade demande un gros travail au dessinateur.
Il est souvent prévu une couverture faite par le dessinateur, dans ce cas il vaut mieux faire celle-ci à la fin une fois que le dessin de la bd est bien fixée.
En parallèle, le/la graphiste réalise la maquette dans laquelle va s’inscrire la BD, cela peut être un album, un livret ou autre, à partir des éléments déjà à disposition. On attend pas que la BD soit terminée pour commencer ce travail en général. Souvent la BD est accompagnée de textes d’approfondissement, d’éditos, de chiffres-clés. Soit ceux-ci sont fournis par le client, soit il incombe au chef de projet de les rédiger et de faire le travail de recherche nécessaire, si cela est prévu dans le devis.
Ensuite, on envoie la maquette au client qu’il doit aussi valider. Une fois celle-ci validée, on l’envoie à un imprimeur (qu’on a démarché au lancement du projet et avec qui on a fixé en amont le format d’impressions et le nombre d’exemplaire), celui-ci nous envoie un bon à tirer numérique qu’on doit valider pour lancer l’impression.
La valeur ajouté du chef de projet
Comprendre les enjeux Les traduire en narration Coordonner les acteurs
Etre toujours dynamique
De manière générale, le rôle de conseil est très important pour le chef de projet, il ne doit pas se contenter d’obéir bêtement aux demandes du client car celui-ci n’a pas toujours la science infuse. Il doit comprendre au mieux ses besoins et son but est de les satisfaire au maximum dans la mesure de ce qui est possible, en prenant en compte les limites humaines et techniques.
